VanRoey accroît son empreinte en Flandre, province par province et acquisition par acquisition. Initialement spécialisée dans la sécurité, l’entreprise a évolué pour devenir un prestataire de services informatiques complet.
VanRoey a démarré l’année 2026 sur les chapeaux de roue. En à peine deux mois, l’entreprise dont le siège social est situé à Turnhout a annoncé deux acquisitions ainsi que des projets de fusion avec Dynamate. Chaque décision prise par VanRoey l’est avec un objectif clair : devenir un acteur informatique de premier plan en Flandre.
Depuis septembre 2024, Joachim Lauwers dirige l’équipe de VanRoey en tant que chef de file. Il est le premier PDG à ne pas porter le nom de famille de l’entreprise. « J’ai toujours été attiré par les entreprises qui se positionnent du côté des « challengers ». Partir d’un aspect local pour ensuite développer l’entreprise de manière durable est, selon moi, un défi intéressant. »
Une croissance issue de la sécurité
On peut certainement qualifier VanRoey de « challenger ». L’entreprise évolue dans le milieu depuis déjà trente ans, mais depuis que M. Lauwers a repris le flambeau, VanRoey s’est lancée dans une conquête rapide de la Flandre. L’essentiel demeure inchangé : « C’est par une expertise technique approfondie que nous voulons nous distinguer. Beaucoup de nos collaborateurs possèdent les certifications les plus élevées. Nous sommes directs, très pragmatiques et proches du client », déclare M. Lauwers.
« Le portefeuille repose sur deux piliers majeurs », poursuit le PDG. « Nous employons une soixantaine de consultants spécialisés dans les applications (ERP/CRM) de l’écosystème Microsoft. Mais nous voulons surtout être un prestataire de services plus large qui décharge totalement les entreprises de leur informatique. Le second pilier se subdivise en trois volets : l’infrastructure hybride et le réseau, le modern workplace et la sécurité. »
Cette troisième composante constitue aujourd’hui encore le fondement des activités de VanRoey. M. Lauwers : « Le SaaS et l’IA changent la manière dont une organisation doit envisager la sécurité. On ne peut plus la considérer comme un élément isolé. Nous avons récemment lancé notre propre service SOC : non pas virtuel, mais avec notre propre personnel. Là où un SOC classique se contente d’envoyer des alertes et laisse le client résoudre le problème, nous prenons également en charge la remédiation. En cela, nous sommes uniques sur le marché. »

Le « m » de PME
À la question de savoir quel type d’organisations VanRoey souhaite cibler, M. Lauwers a une réponse toute prête. « Le « m » de PME : les organisations de taille moyenne comptant de 20 à 300 employés. C’est notre « sweet spot ». La spécialisation horizontale nous permet d’intervenir de manière très large. Ce type d’entreprises a d’ailleurs besoin de ce soutien étendu. La technologie évolue si vite aujourd’hui que de nombreuses entreprises n’ont plus les connaissances ou les moyens en interne, car l’informatique n’est pas leur activité principale. »
« Mais les grandes entreprises ne peuvent pas non plus tout faire elles-mêmes. Pour les sociétés qui disposent de leur propre service informatique, nous fonctionnons comme une extension de leur département interne, en apportant des connaissances spécialisées là où elles font défaut. » L’un des plus grands défis du marché reste, selon M. Lauwers, la guerre des talents. Il y a une pénurie de profils dotés d’une expertise approfondie.
VanRoey ressent elle-même ce problème, mais le constate aussi très clairement chez ses grands clients. M. Lauwers : « Nous remarquons que nous puisons de plus en plus dans le même vivier de talents rares que nos clients du segment supérieur du marché. En tant qu’acteur informatique global, nous avons souvent une offre attrayante car ces profils bénéficient chez nous de nombreuses opportunités de carrière dans différents domaines et fonctions. C’est pourquoi on voit aussi le segment supérieur du marché évoluer de plus en plus vers une externalisation complète. »
« Regardez la sécurité : c’est souvent la première chose que les entreprises sous-traitent. On ne parvient tout simplement plus à motiver les gens pour suivre des alertes toute la journée. Automatiser cela nécessite des connaissances qu’une entreprise non informatique ne peut plus acquérir seule. C’est pourquoi nous voulons être assez grands pour pouvoir investir dans les nouvelles technologies, mais en même temps assez « petits » pour rester agiles », ajoute M. Lauwers.
Nous voulons être assez grands pour pouvoir investir dans les nouvelles technologies, mais aussi assez petits pour rester agiles.
Joachim Lauwers, PDG de VanRoey
D’est en ouest
VanRoey ne reste donc pas inactive. Au cours du mois de janvier, elle a acquis deux entreprises : Sonical et The Collective. Le fait que ces deux sociétés soient originaires de Flandre occidentale et orientale n’est pas un hasard. Par des acquisitions ciblées, VanRoey souhaite accroître tant son empreinte géographique que son expertise. M. Lauwers : « Notre ambition est de devenir un acteur de premier plan en services informatiques gérés en Flandre. Les acquisitions locales renforcent notre présence régionale. Nous étions déjà bien implantés à Anvers et dans le Limbourg, et nous avons désormais un siège dans chaque province. »
Cela reste un atout majeur dans le monde de l’informatique, surtout sur le marché belge, souligne M. Lauwers. « La Belgique est un pays plus classique. Les entreprises apprécient encore que vous leur rendiez visite physiquement. Nous pouvons répondre personnellement à chaque demande. Cette touche locale manque chez les grands acteurs internationaux. Là-bas, vous vous retrouvez dans un département différent pour chaque question. Si le cœur de notre fonctionnement est entièrement automatisé, l’approche humaine reste primordiale. »
Dynamate
La prochaine étape importante pour VanRoey est l’annonce de son intention de fusion avec Dynamate. M. Lauwers explique : « L’IA se développe rapidement : on ne peut plus ouvrir un journal sans en entendre parler. Nous n’en sommes qu’au début de la manière dont nous allons appréhender, gérer et contrôler cela. On entend de grandes ambitions venant de la Silicon Valley, mais certaines personnes ne parviennent déjà plus à suivre. La fusion s’inscrit dans cette évolution large et rapide. Les entreprises belges recherchent de plus en plus un partenaire informatique capable de les accompagner en matière d’infrastructure de données, d’automatisation intelligente et de sécurité. »
« Contrairement à nous, Dynamate a débuté dans les applications d’entreprise, les plateformes numériques et les solutions web avant de s’étendre à l’infrastructure. Pour déployer l’IA avec succès, il faut une connaissance des processus métier. En unissant nos connaissances, notre expertise et notre offre, nous créons un prestataire de services capable de répondre à toute question informatique et d’accompagner les clients dans un monde incertain qui évolue rapidement », ajoute-t-il. « De plus, nous sommes géographiquement complémentaires, ce qui nous rapproche encore plus des clients, et nous partageons la même culture d’entreprise. »
Selon M. Lauwers, l’incertitude est la troisième grande tendance qui caractérise le paysage informatique actuel, aux côtés de l’IA et de la sécurité. « Je crains que nous ne soyons confrontés à une nouvelle réalité où les grands acteurs de l’IA dominent le marché. En conséquence, les prix du matériel augmentent, ce qui met à son tour la chaîne d’approvisionnement sous pression. On entre ainsi dans un cercle vicieux : les investissements deviennent de plus en plus coûteux. Et plus on attend, plus la situation s’aggrave. Cela aura indéniablement un impact majeur sur le secteur. »
Les investissements deviennent de plus en plus coûteux. Plus vous attendez, plus la situation s’aggrave.
Joachim Lauwers, VanRoey
Dans la série « L’ICT en Belgique », nous nous concentrons sur les acteurs locaux belges du secteur. Vous voulez découvrir d’autres spécialistes belges ? Vous trouverez ici tous les entretiens de la série.
