L’utilisation des outils d’IA internes est une mesure directe des chances de promotion au sein d’Accenture. L’entreprise souhaite que chaque employé de l’organisation utilise l’IA.
Accenture a récemment déployé plusieurs outils d’IA internes pour son personnel et leur utilisation n’est pas facultative. Un rapport du Financial Times révèle que le cabinet de conseil mesure la fréquence à laquelle les employés se connectent à ces outils par semaine. Si celle-ci est insuffisante, les chances de promotion diminuent.
Avec cette mesure, Accenture souhaite principalement encourager son personnel senior à adopter les outils d’IA. Pour espérer une promotion à un poste de direction, l’adoption de l’IA est désormais une exigence non négociable. « L’utilisation de nos principaux outils apportera une contribution visible aux discussions sur les talents », peut-on lire dans un e-mail consulté par le Financial Times. Les employés ne pourront pas simuler, car Accenture suit la fréquence des connexions hebdomadaires aux outils d’IA internes.
La carotte et le bâton
Accenture a développé deux outils d’IA pour un usage interne. AI Refinery transforme la « technologie d’IA brute en solutions d’entreprise exploitables » et SynOps est décrit par l’entreprise comme un outil qui stimule la « synergie entre l’homme et la machine ». Des témoignages recueillis par le Financial Times montrent que les employés seniors doivent être davantage convaincus que les juniors pour utiliser ces outils. Si la carotte ne fonctionne pas, le bâton est impitoyablement sorti.
Certaines sources anonymes indiquent au Financial Times que les outils d’IA ne font pas l’unanimité parmi le personnel et qu’ils sont parfois qualifiés de « générateurs de slop ». Le terme « slop » fait référence à une production d’IA de qualité douteuse.
Cette politique stricte en matière d’IA ne s’applique pas aux 800 000 employés figurant sur la liste de paie d’Accenture dans le monde. Le personnel de douze pays européens non spécifiés est exempté, tout comme une division aux États-Unis travaillant pour le gouvernement.
L’IA ou le licenciement
Une promotion manquée n’est que l’une des conséquences qui pèsent sur les collaborateurs d’Accenture s’ils ne souhaitent pas adhérer à la vision de l’entreprise en matière d’IA. L’IA est « une partie de tout ce qu’Accenture fait », déclarait la PDG Julie Sweet l’année dernière. L’entreprise se targue d’avoir formé 550 000 employés, ou « réinventeurs », aux compétences en IA. Toutefois, ceux qui ne souhaitent pas se reconvertir peuvent partir.
En misant pleinement sur la technologie de l’IA, Accenture souhaite absorber les coups que subit le marché mondial du conseil. Accenture a vu sa valeur boursière totale chuter de 42 % en à peine 12 mois. Pourtant, l’IA et le conseil ne font pas toujours bon ménage. L’année dernière, Deloitte, l’un des « Big Four » du conseil, a été traîné dans la boue pour avoir fourni un rapport truffé d’erreurs au gouvernement australien, lequel s’est avéré par la suite avoir été rédigé avec l’IA.
