Après que les fabricants de mémoire soient massivement passés à la production de mémoire HBM en fonction des charges de travail de l’IA, Samsung envisage un mouvement inverse.
Le balancier semble être allé trop loin : le passage de la production de mémoire de DDR à HBM est si important que le coût de la mémoire DDR a tellement augmenté que la production redevient intéressante. C’est ce que constate Samsung. Le fabricant envisage de construire moins de HBM et plus de mémoire pour PC et serveurs.
De DDR à HBM…
La demande de mémoire HBM pour les charges de travail d’IA est si forte ces derniers mois que les fabricants utilisent massivement leurs lignes de production pour produire de tels modules de mémoire. La mémoire HBM pour le marché de l’IA rapporte plus que les modules DDR et LPDDR pour le marché des PC et des serveurs, et les deux types sortent des mêmes chaînes de production.
La soif de mémoire pour l’IA a fait de la mémoire DDR4 sa première victime. Ce type de mémoire plus ancien, avec des marges plus faibles, ne rapportait pas suffisamment, ce qui a incité les fabricants à utiliser la capacité de production pour HBM. Lorsque cela ne suffisait pas, la capacité pour la DDR5 classique (et LPDDR5) a également dû en pâtir.
Pour cette raison, Micron a récemment mis fin à sa marque Crucial : l’entreprise veut se consacrer entièrement à la HBM et sacrifie donc des décennies de parts de marché et de bonne réputation sur le marché de la mémoire pour PC.
Les conséquences se font sentir : les pénuries se déplacent maintenant vers le marché de la DDR5, où le prix des modules de mémoire triple. Vous le remarquerez l’année prochaine à la caisse lorsque vous achèterez un nouvel ordinateur.
…et inversement
Le changement est si radical que Samsung envisage maintenant un mouvement inverse, selon Digitimes. Avec une concurrence plus forte dans le segment HBM, les prix y sont devenus plus compétitifs. Cependant, le prix de la mémoire DDR est devenu exorbitant, Samsung estime donc qu’il est plus avantageux de fabriquer un peu moins de HBM et un peu plus de DDR5. Le fabricant produirait 80 000 wafers DRAM supplémentaires par mois, au détriment de la HBM.
Il reste à voir si cela aura un impact sur le prix. En tout cas, cela montre que la distinction entre la mémoire pour PC et la mémoire pour l’IA n’est pas si pertinente dans la pratique, puisque la production se fait dans les mêmes usines. Le prix et la demande de HBM influencent ceux de la DDR et inversement. En d’autres termes : le monde entier paie pour la soif de puces d’IA de quelques grands acteurs.
